CHANTS, MUSIQUES, DANSES ET ARTS DU SOUDAN
HYMNE NATIONALE DU SOUDAN

Nahnu Djundullah Djundulwatan.

In Da A Da Il Fida Lam Nakhun.

Natahaddal Maut Endalmihan.

Nashta Ril Madjd Bi Aghlathaman.

Hathihil Ard Lana! Falyaish Sudanuna,

Alaman Bayn Al Umam.

Ya Benissudan, Hatharamzukum;

Yah Miluleb, Wa Yahmi Ardakum.

écouter l'Hymne

TRANSLATION

We are the army of God and of our land,
We shall never fail when called to sacrifice.
Whether braving death, hardship or pain,
We give our lives as the price of glory.
May this Our land, Sudan, live long,
Showing all nations the way.
Sons of the Sudan, summoned now to serve,
Shoulder the task of preserving our country.

Adopted in 1956

Words by AHMAD MUHAMMAD SALIH (1896-1971)

Music by AHMAD MURJAN (1905-1974)

Chants et Musiques ethniques du Soudan
Le voisinage direct avec des pays africains, notamment le Zaïre, donne lieu a une domination des instruments a percussion les plus divers et des voix graves, fortes et emphatiques. Mais ce qui frappe le plus dans le chant traditionnel de ces régions, habitées par les Dinka, les Azande et les Shilluk, ce sont l'harmonie et les richesses mélodiques et tonales.
Parmi les troupes qui chantent quasiment a cappella, les Dinka, font partie des groupes nilotiques et vivent au Soudan méridional. Ils sont surtout connus pour leur amour et leur dévotion au bétail, plus particulièrement les buffles auxquels ils vouent un véritable culte. Les membres de cette tribu, comme leurs grandes tailles. Ils ont élu domicile dans la région des savanes et s'adonnent aux activités pastorales et à la pêche. Ces tribus ont peu d'instruments d musique : le chant responsorial (meneur auquel répond le chœur) sert de ciment au corps social. On trouve cependant et comme partout ailleurs au Soudan, un instrument a cordes de type lyre qui porte ici le nom de tom. C'est l'instrument de divertissement des chants équipes et amoureux.
Ces tribus sont surtout connues pour les danses rituelles, qui mettent en scène la bravoure des cavaliers, la façon d'utiliser les lances ou de se protéger au moyen de boucliers. C'est ici que la forme responsoriale trouve son plein épanouissement. Tout ceci est concrétisé par la danse qui occupe une fonction importante dans la mesure où le répertoire chanté et dansé demeure entièrement fonctionnel et répond à une intention précise. A cet égard, les Dinka sont connus pour posséder un type de chant très spécial destiné à décourager les membres de la tribu de violer les tabous. Le coupable est nommé dans la chanson et aussitôt son nom se répand comme une traînée de poudre. Dans leur chant rituel, il est d'usage de commencer dans le grave et de s'acheminer vers l'aigu. Les échelles musicales, elles, restent celles que l'on trouve partout au Soudan, c'est-à-dire celles relevant du pentatonisme.
Ensuite, il y a les Azande, éparpillés sur plusieurs pays, dans le sud du Soudan, dans l'est de la République centrafricaine et du Zaïre, ce qui ne favorise par leur connaissance et ne facilite en rien leur approche, bien que les ethnomusicologues les aient étudiés. Les Azande constituent une culture importante qui marque la séparation entre une Afrique septentrionale nilotique et ne Afrique des forêts ; mais ils ne font pas partie des populations dite nilotiques. Aussi, un concert de musique azande constitue-t-il en soi une véritable découverte. La musique azande épouse toutes les caractéristiques des musiques africaines :
chant collectif, prédominance du rythme, virtuosité instrumentale, danse intimement mêlée à l'activité musicale, fonctionnalité des instruments et des musiques. La musique des Azande utilise essentiellement des xylophones et des tambours de bois (gugu) ou tronconique. Le gugu énorme tambour de bois qui émet deux sons sert surtout à la transmission des messages, puisque l'instrument parle. Il existe deux types de xylophones, le kpaningba ou kponimbo et le manz Le terme de banbu sert aussi à désigner le xylophone qui présente la particularité d'être joué par deux personnes ; la mélodie est transposée à l'octave par l'un des deux exécutants. Les Azande sont également connus pour leurs soins dans les fabrications, et surtout dans les décorations. Ces instruments de musique, véritables objets d'art, ont suscité l'une des rares études en langue française sur la musique de cette ethnie. Il s'agit de l'ouvrage d'Eric de Dampierre, Les Harpes azande (Paris, Klincksiek, 1991. En revanche la musique azande est quasiment absente de l'enregistrement sur disque.
Comme les Dinka, leurs voisins immédiats, les Shilluk se situent au soudan méridional, dans la région du Bahr el-Ghazal. Ils font partie du groupe nilotique chez qui l'importance du bovidé l'emporte, ce qui en fait l'objet d'un véritable culte. Presque toutes les activités quotidiennes s'accompagnent de chants qui relèvent du responsorial : énoncé repris par le groupe. Le contenu traite de tous les sujets, et plus précisément des chants satiriques. Leurs instruments de musique sont assez rares, et sont dominés une nouvelle fois, par la présence de la tyre à cinq cordes qui porte également le nom e tom comme chez les Dinka.
Ils possèdent également un tambour tronconique dénommé bool qui sert à l'initiation des arçons, comme un tambour à deux peaux dénommé apek. Les Shilluk accompagnent également leurs chants avec une corne d'antilope adalo.
Musiques et danses traditionnelles du Soudan
Le mélange d'africanité et d'arabité confère au Soudan une personnalité singulière, se traduisant notamment dans les arts populaires comme le chant et la danse traditionnels.
Ces pratiques culturelles si diverses témoignent des influences successives dues aux différentes religions du Soudan, l'animisme, le christianisme et plus récemment l'Islam.
Ce spectacle présente des danses populaires représentant chacune une tradition tribale ou provinciale. La kambala, danse du sud de la province de Kordofan à l'Ouest du pays est pratiquée par les tribus nubiennes. Il s'agit d'une célébration des saisons, exécutée par un groupe de jeunes danseurs et danseuses. La danse fête l'automne, saison des pluies, de la fertilité et de la bonne récolte qui précède celle des mariages et des festivités. Elle est accompagnée de chansons dont les thèmes principaux sont le courage, la générosité et l'espérance.
La kasla, de l'Est du pays, est pratiquée par les différentes branches de la tribu al-Bîjâ.
Appelée badouna, elle est exécutée par un groupe mixte lors des fêtes profanes et religieuses. Cette danse repose sur la plastique du mouvement corporel, notamment du cou et des hanches. Danseurs et danseuses portent des sabres, symbole de bravoure et de puissance pour les hommes, de vertu et de courage pour les femmes.
Les massiriyah, de la province de Kordofan, pratiqué par les tribus arabo-africaines al-Massiriyah, est la célébration des événements heureux de la vie de tous les jours : mariage, nuits de pleine lune, retour au pays des enfants de la tribu… L'intensité de cette danse rituelle est exaltée par le rythme du naqqâra et les paroles des chansons, éloges de la beauté des danseuses et de l'habileté fière des cavaliers danseurs.
La danse Zande du sud soudanais est pratiquée par les tribus du même nom lors des mariages, des récoltes et autres fêtes tribales. C'est une danse mixte caractérisée par la diversité et l'interférence de ses rythmes. La particularité de sa musique réside dans des instruments taillés dans le bois tels que le dapou-dapou et le yanmbou qui confèrent au folklore de cette région une forte tonalité africaine.
La halfa, de la province du Nord du soudan, est pratiquée par les tribus nubiennes lors des fêtes et autres occasions de réjouissances : mariage, circoncision, récoltes des dattes… La danse est rythmée par quatre tambourins émettant chacun un son d'un timbre différent ; ces sons s'entremêlant et se complétant pour produire une cadence unique.
La Shilluk, de la région du haut Nil au sud du pays, est pratiquée par les tribus du même nom, installées autour de Fachoda, à l'occasion du retour triomphant des chasseurs de tigres et d'éléphants avec leur butin, au mois d'octobre. Cette danse collective est généralement accompagnée de chansons à la gloire des cavaliers, les danseurs portant des peaux de tigres avec tout leur attirail de guerriers.
La ragba, des régions du Centre et du nord, est la danse de la jeune mariée lors de ses noces. La femme porte ses plus beaux bijoux, alors que son futur époux, en cavalier tout de blanc vêtu, porte son sabre, symbole de force et de distinction. Après un rituel de mise en beauté de la mariée, la danse démarre sur le chant de jeunes filles au rythme de la dalluka.
Le mardoum, de l'Ouest du Soudan, dans la province de Kordofan, est pratiqué par la tribu al-Hawazmah lors des fêtes coutumières et pour célébrer l'automne. Cette danse est accompagnée de chansons des Hakkamat à la gloire de la tribu et de ses hauts faits.
La danse des tribus pastorales al-Ta'aychah, à l'Ouest du Soudan, connues pour leurs origines et traditions arabes exprime le sentiment de fierté tribale et loue le courage des cavaliers dansant sur leurs chevaux racés. Une timbale spéciale nommée naqqâra est utilisée pour rythmer la danse et le chant sur les mélodies du maqâm arabe. C'est une danse mixte toujours entamée par un cavalier vêtu d'habits distingués.
Arts du Soudan
Quelques tableaux du peintre ADAM HAMED, ayants remportés le TANIT D'OR lors du festival des arts .... d'EL FAHS (Tunisie) - Août 2001.